Ascension du Pic de Néouvielle

Ascension du Pic de Néouvielle

A l’occasion d’un week-end famille dans le massif du Néouvielle, je propose à Boris, mon beau-frère, une sortie matinale pour gravir le Pic de Néouvielle culminant à 3 090 m.

Voir le topo de l’ascension du Néouvielle par la voie normale

Première tentative : Refuge d’Oredon 1 850 m – Lac d’Aubert 2148 m

Réveil

Il est 4h30 quand sonne le réveil de Boris, pour ma part, je suis réveillé un peu avant et évite la sonnerie. Nous nous retrouvons dans le couloir du refuge, non sans avoir réveillés nos familles respectives. J’ai mal au dos de la sortie que j’ai faite avec Léna la semaine passée aux lacs d’Ayous. Je peine à mettre mes chaussettes ! Après 15 minutes, nous voilà opérationnels : un sac pour deux, avec 2 gourdes et 4 barres de céréales, frontales fixées sur la tête. Il fait bon dehors, les étoiles sont magnifiques, mais la Lune est absente malheureusement.

La veille, j’ai potassé rapidement ma carte au 1:50 000 et ce matin je l’ai oubliée. Pressés d’en découdre, je ne remonte pas chercher ma carte dans la chambre.

Approche

Nous descendons du refuge pour accéder au parking du lac d’Oredon, que nous traversons pour entamer le sentier des laquettes qui monte en direction du lac d’Aubert. Itinéraire très joli le jour, nous devinons, plus que nous ne voyons, les plans d’eau qui jalonnent le parcours et qui en font tout le charme. Après 40 minutes, nous accédons au lac d’Aubert et à son campement. Il est 5 h 30 et les premières lumières s’activent dans les tentes.

Nous traversons ensuite le barrage vers le sud, puis longeons le lac comme je l’avais prévu. Sans Lune et, même avec des frontales puissantes, difficile d’anticiper l’itinéraire à prendre. En l’absence de balisage, il faut faire confiance à sa mémoire et aux cairns. Mais ceux-ci brillent par leur absence. Nous décidons de persévérer mais nous rapprochons inexorablement d’une impasse, une muraille rocheuse qui vient se jeter dans le lac, impossible à escalader sans risque et qui empêche tout contournement du lac par le sud. Non sans désarroi, nous sommes contraints de revenir sur nos pas.

But

Notre entêtement et le temps perdu (il est déjà 6h30), ne nous permettant plus de découvrir le bon cheminement, de réaliser l’ascension et de rentrer pour le petit déjeuner, nous abdiquons. De retour au barrage, le jour est levé, nous voyons à présent très clairement le passage que nous aurions du prendre, inimaginable de nuit.

Il nous reste un peu moins de 2h, nous décidons de revenir en longeant le lac d’Aumar, puis de rester à flanc de montagne jusqu’au col d’Estoudou (qui permet de redescendre à l’est sur le lac de l’Oule et à l’ouest sur notre refuge).

A 8h30, nous sommes attablés au refuge d’Oredon, après 4h de marche / course / semi-escalade, vaincus mais contents tout de même de cette belle sortie.

Seconde tentative : Lac d’Aubert 2 148 m – Pic de Néouvielle 3 090 m

Revanche

Le lendemain, même heure, je ne me réveille pas. Boris qui a moins confiance que moi en son horloge interne, est réveillé une fois encore par son réveil. C’est lui qui me tire du lit en tambourinant à la porte. 4h45, nous sommes de nouveau prêts.

Encore des étoiles, toujours pas de Lune. Mais cette fois ci nous avons bien repéré l’itinéraire la veille sur le terrain et sur la carte 1:25 000 du refuge. Aucun doute, nous allons trouver.

Pour gagner du temps, nous montons en voiture au parking du lac d’Aubert (L’accès en voiture y est autorisé avant 9h30 et dans la limite des places disponibles). Pas de problème à cette heure matinale.

Approche

A 5h15, nous sommes au bout du  barrage et nous manquons de justesse de marcher sur… un bonhomme qui dort ici sans tente et blotti dans son duvet – nous le recroiserons, lui à la montée, nous à la descente. D’un pas rapide nous entamons la montée vers le sud. Nous bifurquons progressivement à l’ouest en suivant les cairns et laissons volontairement la montée au “Pas du Gat” à notre gauche. Il nous faut une demi-heure pour prendre pied sur la crête qui nous avait bloqués la veille 300 m en contrebas. Nous allons vite, mon dos me supporte et je supporte sa douleur. Boris porte le sac.

A partir de là, direction la brèche Chaussenque dont le profil se découpe dans la nuit. Celle-ci s’éclaircit d’ailleurs à mesure que nous avançons. Nous laissons le Ramougn sur notre gauche et montons dans les pierriers sous la Muraille qui relie la brèche Chaussenque au sommet du Néouvielle. Boris est à droite, moi à gauche du vallon et nous nous rapprochons en vue du sommet.

Sommet

Des névés (un en particulier) en neige dure gène notre progression et tendent nos muscles et notre esprit. A défaut d’être fatale, une chute pourrait néanmoins s’avérer très douloureuse. J’essaie de tailler des marches avec mes runnings, mais ce n’est pas simple. Nous parcourons ainsi cinquante mètres en 5 minutes et reprenons pied sur le pierrier.

Enfin, une courte escalade rocheuse (II) nous permet d’accéder au sommet en 2h depuis le lac d’Aubert. Nous prenons deux trois photos, buvons et mangeons une barre puis entamons la redescente : plein pôt.

A 8h45 nous sommes au lac d’Aubert, à 9h au refuge. Les gardiens nous auront gentiment attendus, et c’est dehors face à notre sommet que nous prenons un petit déjeuner bien mérité.

1 Commentaire

  • Son beau frère Posted 30 décembre 2016 22 h 22 min

    C est un magnifique récit d une superbe sortie.
    Ne revenons donc pas sur le pourquoi du non réveil matinal de Willyam ….

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