La tique – Fléau du randonneur

La tique – Fléau du randonneur

Depuis quelques années, on rencontre une prolifération importante de tiques, dont un certain nombre infectées par une bactérie (borrelia) responsable de la maladie de Lyme. Devant l’impact sanitaire, il est temps de réagir. L’objet de cet article est de vous apporter un éclairage sur les risques et la prévention.

Ixodes Ricinus

La tique qui nous intéresse, Ixodes ricinus, est une espèce de tiques de la famille des Ixodidae.

Elle est appelée tique du mouton et autrefois aussi tique du chien, nom également donné à une autre espèce de tique (Wikipédia).

On la retrouve dans toute l’Europe, à l’exception des contrées les plus septentrionales (nord de la Scandinavie), mais aussi au nord du Maghreb, et à des altitudes inférieures à 1500 m.

Elle vit dans les zones forestières ou herbacées et à proximité du sol. Elle se suspend au herbes et aux branches basses à la recherche de son hôte.

Cette image récupérée sur le très intéressant site “France Lyme” illustre simplement le cycle de vie de la tique et la dépendance de celle-ci à ses hôtes.

Cycle de vie de la tique

Vecteur de la maladie de Lyme

Cet animal ne serait qu’un petit désagrément si il ne véhiculait pas, entre autres bactéries (une quarantaine), celle responsable de la maladie de Lyme. Cette maladie est infectieuse et associé à la bactérie “Borrelia burgdorferi“. Devenue chronique, elle révèle des affections cutanées, musculaires, nerveuses et articulaires.

Transmission

La tique mord généralement à l’endroit où les tissus sont les plus tendres. Chevilles, arrière des genous (et des articulations en général), le cou, même si on peut la retrouver à peu près partout. On estime que 5 à 20% des tiques sont porteuses de la bactérie en cause. La transmission n’est pas immédiatement consécutive à la morsure, mais peut se produire par la suite si la tique n’est pas retirée suffisamment tôt.

Symptômes

Quelques jours après la morsure, un érythème migrant peut apparaître sur la peau avec pour épicentre le lieu de morsure. Il forme un halo rouge qui s’étend sur la peau. Ce phénomène est constaté dans au moins 60% des cas. Il disparaît ensuite progressivement.

Traitement immédiat

Il est impératif de consulter un médecin en cas de morsures multiples, d’érythème migrant ou d’une tique qui serait restée accrochée plus de 24 heures. Vous pouvez aussi consulter un médecin pour vous rassurer. Il sera juge de la démarche à suivre. Dans la plupart des cas, un traitement antibiotique est prescrit à titre préventif. Ma compagne a ainsi fait l’objet de ce type de traitement après avoir oté une dizaine de tiques de la peau de ses chevilles.

Evolution et traitement

Si la maladie n’est pas traitée dans son stade primaire, elle évolue alors vers un stade secondaire et devient difficile à traiter et à éradiquer définitivement. Elle peut causer par la suite une fatigue chronique et/ou des désordres d’ordre articulaires, musculaires ou neurologiques. Un test de dépistage existe, il est toutefois sujet à caution, ne traitant qu’une partie limitée des souches de Borrelia impliquées dans la maladie de Lyme. Il n’existe aucun vaccin curatif (ni aucun préventif d’ailleurs). La maladie est non seulement mal soignée, mais aussi mal connue du corps médical non spécialiste.

Prévention

Dans la mesure du possible :

  • tondre régulièrement sa pelouse; depuis que j’habite au milieu des bois, je suis régulièrement mordu et j’ai constaté que la taille des herbes de mon jardin n’était pas sans incidence sur la fréquence des morsures.
  • éviter de traverser les champs d’herbes hautes,
  • porter des vêtements clairs pour les repérer vite,
  • et couvrants pour ne pas être mordus,
  • utiliser des répulsifs plus ou moins naturels vendus en pharmacie. Je prévois d’ailleurs un test à leur sujet.
  • après chaque sortie, voire en cours de sortie, inspecter vos jambes. Les tiques ne mordent pas toujours immédiatement. Lors de ma dernière sortie dans les gorges de l’Ain, j’ai ainsi expulsé trois tiques avant qu’elles ne me mordent.
  • inspecter aussi vos animaux de compagnies : chats et chiens, si les premiers ne souffrent pas de la maladie, les seconds y sont sujets, sans compter qu’ils peuvent vous déposer les bestioles dans la maison. J’ai ainsi retrouvé une femelle gorgée sur le sol de ma chambre.

En cas de morsure, il convient de retirer au plus tôt la tique à l’aide d’un outil prévu à cet effet : le tire-tique vendu en pharmacie. Il en existe de différentes tailles (généralement 2) correspondant aux différentes tailles de tiques. Toutefois pour les plus petites (larves), l’utilisation du tire-tique s’avère difficile. Dans ce cas ou en l’absence de tire-tique, l’utilisation d’une pince à épiler peut constituer une alternative.

L’utilisation de l’éther pour endormir la tique est déconseillée. En effet la tique se sentant agressée est susceptible de régurgiter libérant ainsi les bactéries avec sa salive.

Il convient ensuite (et pas avant le retrait) de désinfecter le lieu de la morsure avec un antiseptique cutané, type bi-septine. Les jours suivants, il convient de s’assurer de l’absence d’érythème migrant.

Conclusion

Deux personnes dans mon entourage  sont affectées par la maladie de Lyme. L’une d’entre elles est naturaliste et a donc été fortement exposée. Forestiers et randonneurs sont les populations les plus à risques. Mais comme il n’est pas question de renoncer à nos passions, il est important de prévenir une maladie qui ne se guérit pas correctement.

Prévention, Dépistage et Traitement sont, aujourd’hui, 3 défis à relever pour contrer un fléau grandissant et certainement sous-estimé par les autorités sanitaires. Le ministère de la santé annonce un plan d’action national pour l’automne 2016. A suivre sur ce site…

Pour en savoir plus :

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