Cotation en randonnée pédestre

Cotation en randonnée pédestre

La cotation des randonnées, sur ce site ou ailleurs, permet au randonneur d’apprécier de manière relativement objective la difficulté d’une randonnée. Chaque topo guide utilise son propre système de cotation, qui est généralement présenté en début ou en fin d’ouvrage.

Toutefois et dans un souci de standardisation, la Fédération Française de Randonnée (FFR) a publié un système de cotation spécifique. Par souci de cohérence, les topos de ce site utilise ce système de cotation. Avant d’y venir, je vous propose un petit tour d’horizon des systèmes existants.

Cotation en escalade

La cotation française (car il y en a des différentes selon les pays) en escalade s’appuie sur une numérotation allant de 1 à 9, sachant que 9 est la limite atteinte par l’être humain à ce jour, et qu’elle était de 6 il y a 40 ans. C’est une échelle qui a donc vocation à augmenter au fur et à mesure que celui-ci repousse ses capacités.

Cette cotation est fonction de la difficulté intrinsèque de la voie, mais aussi de l’engagement nécessaire.

Pour plus de précision, le chiffre est succédé d’une lettre (a, b, c), voir parfois d’un +. La limite actuelle étant à titre d’exemple 9b+.

En randonnée, on ne dépasse jamais les 3, les cotations supérieures relevant de l’alpinisme car nécessitant l’emploi de matériel technique spécifique (cordes, …).

Explicitations des 3 premiers degrés :

  • 1 : Correspond à un sentier escarpé
  • 2 : Nécessite de poser les mains pour s’équilibrer
  • 3 : Nécessite de se hisser à la force des bras, n’oppose pas de problème à un individu normalement sportif et n’ayant pas peur du vide. Sachant que les débutants en escalade débute au niveau 4 et sont encordés.

Petite précision tout de même : Le besoin de s’encorder dépend de chacun et du niveau de risque, pas uniquement de la difficulté du passage. Ainsi une arête exposée en 2, pourra nécessiter un encordement, alors qu’un mur de 3 mètres en niveau 3, non.

Cotation en alpinisme

En alpinisme, les cotations sont présentées sur une échelles différente, par des lettres, des + et des -. Les voici par ordre croissant de difficulté.

F < F+ < P(eu) D(ifficile) – < PD < PD+ < A(ssez) D(ifficle) < D(ifficile) < T(rès) D(ifficile) < E(xtrêmement) D(ifficile) < ABO(minable) 🙂

Dans les topos de montagne, on retrouve parfois ses cotations sur les ascensions de sommets et les premiers niveaux sont par ailleurs apparentés à de la randonnée “alpine”.

Voici leur signification :

  • F : Premier niveau : Constitue ce qu’il y a de plus simple, pas de danger notable, pas besoin de poser les mains. Dans les Pyrénées, cela correspond par exemple à l’ascension du Taillon (3 144 m) ou du Turon de Néouvielle (3 015 m)
  • F+ : A ce niveau, on commence à poser les mains pour s’équilibrer, peu comporter des petits passages en 2, mais sans exposition particulière. Exemple : Ascension du Néouvielle (3 090 m)
  • PD- : On commence à trouver des passages d’escalade en 3 sans exposition et parfois sur du 2 avec un peu d’exposition, ces itinéraires, ne nécessitant pas d’encordement sont toutefois réservés à des randonneurs aguerris ou des personnes sportives, n’ayant pas froids au yeux et si possible bien accompagnées. Exemple : Pic des Gourgs Blancs (3 129 m)
  • PD : A ce niveau, mon coeur balance, corde / pas de corde ?, un alpiniste chevronné passera seul et sans corde. Une personne de moindre expérience et plus prudente ira encordée. On y retrouve des escalades en 3 de faible hauteur, mais exposée. Exemple : Pic long (3 192 m)
  • PD+ : L’encordement est plus que recommandé. Les passages d’escalades encore relativement faciles sont très expo. Exemple : Pointe de Ramougn (3 011 m)

Personnellement, je me qualifierai de randonneur expérimenté, mais de piètre alpiniste :(. A force de pratiquer, j’ai vaincu ma peur du vide, même si avec la fatigue, je peux avoir de petites réminiscences. En escalade je passe difficilement du 5a. Je pratique ainsi le F et F+ seul, le PD- accompagné, encordé à partir du PD… et en escalade je suis en second dans de l’AD+ max.

Cotation indiquées dans la plupart des topo guides

De toute évidence, les cotations précédentes ne sont pas réellement adaptées à l’objet de notre intérêt immédiat : la randonnée. Les topo guides décrivent ainsi en général une échelle plus simple du type :

  • Promeneur : Sentier sans dénivelé, accessible à tous de “7 à 77 ans”
  • Marcheur : Itinéraire pouvant présenté de la dénivelé, jusqu’à 4 h de marche
  • Randonneur : Itinéraire pouvant présenté beaucoup de dénivelé, jusqu’à 8h de marche
  • Randonneur expérimenté : Itinéraire, parfois non balisé ou hors sentier, pouvant présenté de brefs passages d’escalade, parfois un peu d’exposition au vide et/ou une durée de marche de plus de 8h.

Avec ce dernier item, on comprend combien cette échelle ne suffit pas à donner une idée suffisamment précise d’un itinéraire donné, puisque mélangeant la longueur de l’itinéraire, la technicité et le risque.

Le système de cotation proposé par la FFR

Pour définir la difficulté d’une randonnée, le système propose 3 axes de cotation :

  • L’effort (s’appuie sur des considérations de longueur de parcours et de dénivelé)
  • La technicité (sur la nécessité de lever les jambes 🙂 ou de poser les mains)
  • Le risque (sur les conséquences d’une chute)

Chaque axe est coté de 1 à 5, 1 étant le degré le plus faible et 5 le plus important. Face à la description d’une randonnée, le randonneur peut ainsi :

  • évaluer sa capacité à endurer un effort donné
  • s’assurer de ses aptitudes techniques au regard d’une technicité évaluée
  • et enfin vérifier que le niveau de risque présenté est compatible avec celui qu’il accepte.

Pourquoi une cotation si complexe ?

Parce que les profils de randonneurs potentiels sont nombreux. En effet un marathonien lambda, sera en mesure d’encaisser une randonnée cotée 5 sur l’échelle de l’effort, mais se limitera peut être à 3 du point de vue technique. Au contraire un alpiniste chevronné, mais en mauvaise forme, préférera une échelle réduite en terme d’effort pour une technicité supérieure.

S’appuyer sur une échelle unique, comme le font de nombreux ouvrages de topos, est réducteur et peut occasionner des erreurs d’évaluation potentiellement lourdes de conséquences.

Premier Axe : L’Effort

Dans le modèle proposé par la FFR, le calcul de l’effort s’appuie sur un calcul “savant” prenant en compte le dénivelé positif, négatif, la distance à parcourir, les pentes par tronçon, qui est appelé “Index IBP”, index compris entre 0 et l’infini et qui a l’avantage de constitué un critère objectif pouvant être comparé (comparaison de 2 randonnées entre elles).

La FFR propose donc de ramener cet index sur une échelle de 1 à 5 :

effort

Echelle d’effort présentée sur le site de la FFR

Signification des niveaux :

  • 1 : très facile : IBP inférieur à 25
  • 2 : facile : IBP compris entre 26 et 50
  • 3 : moyen : IBP compris entre 51 et 75
  • 4 : difficile : IBP compris entre 76 et 100
  • 5 : très difficile : IBP supérieur à 101

Sur Gaïa XP, nous nous collons à cette définition et proposons à titre informatif le résultat du calcul IBP.

Deuxième axe : La technicité

Elle est évaluée en considérant non plus la difficulté physique, mais la difficulté technique. Elle va donc s’intéresser aux obstacles, à la nécessité de lever les jambes et de poser les bras.

technicite

Echelle de technicité présentée sur le site de la FFR

Signification des niveaux :

  • 1 : Itinéraire sans aucune difficulté ni obstacle. Le pied se pose à plat sur tout le parcours.
  • 2 : Itinéraire comportant des portions avec des obstacles de la hauteur d’une cheville (grosses pierres, racines, …).
  • 3 : Itinéraire présentant des obstacles à hauteur de genou maximum.
  • 4 : Itinéraire présentant des obstacle à hauteur de hanches maximum. L’utilisation des bâtons est nécessaire à l’équilibre. (On peut tout à fait utiliser les bâtons aux niveaux inférieurs, l’usage étant plus celui de la marche nordique).
  • 5 : Itinéraire présentant des obstacles supérieurs à la hauteur des hanches. Les mains sont utiles à la progression. Les bâtons peuvent aussi constituer une gêne.

Sur Gaïa XP, vous trouverez un nombre d’itinéraires de niveau 5 dont certains nécessitant du “métier”. Pour les distinguer, la cotation alpine sera mentionnée : F+ / PD …

Troisième axe : Le risque

Il s’agit avec cet indicateur d’identifier le risque de se blesser ou pire suite à une glissade ou une chute. L’exposition au danger et les conséquences de la chute sont les deux critères d’évaluation. Comme pour les 2 précédents, le risque est évaluée sur une échelle de 1 à 5.

risque

Echelle de risque tel que présentée sur le site de la FFR

Signification des niveaux :

  • 1 : Aucun danger, risque nul
  • 2 : Peu d’obstacle de nature à chuter et/ou conséquence d’une chute ou glissade : blessure mineure possible : bobo, entorse, …
  • 3 : Quelques obstacles de nature à chuter et/ou conséquence d’une chute ou glissade : blessure majeure : fracture, de nature en empêcher la poursuite de la randonnée
  • 4 : De nombreux obstacles de nature à chuter et/ou conséquence d’une chute pouvant être mortelle
  • 5 : Itinéraire engagé et fortement exposé, les conséquences d’une chute sont certainement mortelles.

Conclusion

En considérant donc les trois critères ci-dessus, il est possible de se faire une idée assez précise du degré de difficulté auquel on s’expose. Le coefficient IBP et dans certains cas, la cotation alpine, permettent de compléter ces éléments pour plus de finesse dans le jugement.

Le topo, c’est une chose, mais une fois sur le terrain, les éléments peuvent être différents. La montagne est milieu vivant, glissement de terrains, névés tardifs l’été, … peuvent venir modifier le niveau de technicité ou de risque d’un itinéraire. Et c’est sans compter les erreurs que l’on peut faire comme se tromper de chemin, ne pas avoir pris suffisamment d’eau, … en somme les impondérables. Dans ces conditions, il faut pouvoir improviser, garder son sang-froid… autant de choses que vous ne lirez pas dans un topo, que vous pourrez lire sur ce site, mais que vous apprendrez essentiellement en vivant vos propres expériences.

Sur un itinéraire, quelque en soit la difficulté, et cela est d’autant plus vrai sur les randos longues ou les passages de brève escalade, posez vous toujours la question, et si je continue, suis capable de revenir ? Suis-je capable de redescendre ?

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